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G.E.M.M. - Groupe d'Étude des Mammifères Marins de Polynésie

ACTUALITÉS

8 septembre 2018

ÉTUDE SUR LES DÉPRÉDATIONS ET LES PRISES ACCESSOIRES EN POLYNÉSIE : PREMIERS RÉSULTATS INQUIÉTANTS

Nous vous avions annoncé l’arrivée de Juliette Biquet, étudiante en césure de master, pour une étude sur les déprédations dans le cadre de la pêche hauturière en Polynésie française. Ce travail est issu d’une collaboration entre la Direction des Ressources Marines et Minières (DRMM), le GEMM et le CRIOBE. Après trois campagnes embarquées et une patiente enquête dans les archives des pêches, en voici les premiers résultats. 60 palangriers ciblent aujourd'hui officiellement le thon dans la zone économique exclusive de Polynésie française. D’après les chiffres des pêcheurs, de 15 à 20 000 raies et requins sont accidentellement remontés chaque année. Traitées comme des nuisances, ces prises accessoires sont fréquemment mutilées puis rejetées et leurs chances de survie sont très faibles. Par exemple, la mortalité des lanciers (poissons de profondeur), non estimée, devrait se situer autour de 100 % des animaux capturés. Le taux de mortalité des oiseaux marins et des cétacés est aujourd’hui inconnu.

En ce qui concerne les déprédations (prédation des appâts et des prises), le report était inexistant jusqu'en 2016 et reste aujourd'hui très flou, le nombre de poissons attaqués n'étant pas noté par les capitaines. De même, les dynamiques des populations impactées restent inconnues car les actes de déprédation ne sont pas systématiquement et correctement reportés dans les carnets de pêche (identifications fantaisistes, etc.). Un programme observateur permet certes de collecter des données mais sa couverture est faible (entre 1.8% et 6.5% des hameçons mis à l'eau depuis 2005). Les observateurs notent une très faible déprédation par les cétacés à dents (autour des 1%), alors que les pêcheurs les décrivent comme un cauchemar...

Juliette prépare actuellement avec le GEMM et le CRIOBE un certain nombre de notes et de recommandations en direction des administrations concernées dans le but d’améliorer le suivi des pêches et la participation des équipages. Un dossier plus conséquent sera mis en ligne dès que possible.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


8 septembre 2018

CÉTA’PLONGÉE 2018 : UNE BONNE ANNÉE

Notre dernière session CÉTA’PLONGÉE 2018 s’est clôturée le 20 août dernier. Un grand merci à tous les participants ! Malgré un bilan riche en termes d'observations naturalistes, chacun d’entre nous a pu déplorer une systématisation du « touching » des animaux sauvages par les moniteurs de plongée de Rangiroa. Ceci en dépit d’une règlementation toujours plus contraignante et, visiblement, toujours plus inutile… Certain(e)s d’entre nous ont également pu remarquer que les questions posées à leurs moniteurs sur leur attitude vis-à-vis des grands dauphins ont généralement été accueillies par de l’incompréhension, des railleries voire une certaine agressivité. Que cela ne nous ôte pas le sourire, car la moisson a été bonne :

> 53:00’ passées en plongée.
> Des dauphins observés lors de 6 plongées sur 7.
> 107 groupes de dauphins comptabilisés représentant 5:28’ d’observations sous-marines.
> 72% des grands dauphins observés en plongée ont été identifiés.
> 25 grands dauphins différents ont été observés sur zone dont un individu originellement identifié à Tikehau.
> Les dauphins les plus fréquemment observés sont, par ordre décroissant, ROSE (39 observations), ZÉLIE (36 observations), CÂLINE (34 observations) et ZIP (22 observations). L’alliance Rose-Zélie-Câline, très présente en plongée, est récente puisque ces trois femelles ont été sevrées entre 2017 et 2018.
> 3 jeunes dauphins de l’année ont été catalogués cette saison et une naissance a également eu lieu lors de la deuxième quinzaine d’août. Les mères sont JOY, THAÏS, RILEY et LANI.
> Nous avons par ailleurs noté un nombre important d’observations de poissons-voiliers entre le 20 juin et le 12 juillet et une fréquence particulièrement élevée d’observations de requins tigres début août.
> Quatre dauphins différents ont été observés au contact physique des plongeurs cette saison : NIKKI, YUKI, THAÏS et surtout ZÉLIE. CÂLINE a également été observée au contact début septembre.

Le projet CÉTA’PLONGÉE est soutenu par OBJECTIF SCIENCES INTERNATIONAL dans le cadre de son programme de recherche participative CÉTA’BIOSPHÈRE, par la FONDATION DE LA MER et par le CRIOBE de Moorea. À partir de 2019, il sera étendu aux mois de septembre et octobre.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


2 juillet 2018

RANGIROA 2018 : PREMIER ÉTAT DES LIEUX

Quatre sessions d'initiation à la plongée éthique et participative sont prévues cette saison à Rangiroa, dans le cadre du programme Céta'Biosphère mené en partenariat avec l'ONG Objectif Sciences International. Un premier stage a démarré le 25 juin avec Béatrice, Claire et Dominique. Les plongées, effectuées en collaboration avec le Raie Manta Club, ont permis de collecter de premières données sur le comportement des grands dauphins de la zone de Tiputa. Le groupe des résidents a connu quelques remaniements depuis l'année dernière. Aucun nouveau petit n'a été recensé chez ces animaux tandis qu'un jeune de l'année au moins a été observé parmi les semi-résidents. Nous constatons également la disparition de Muffin, le jeune péponocéphale adopté, depuis son échouage et sa remise à l'eau en avril par des habitants de l'île.

À noter également la généralisation du « touching », puisque tous les centres de plongée de Rangiroa s'adonnent aujourd'hui à ces pratiques. Trois dauphins sont actuellement concernés par divers types de manipulations, y compris de jeunes individus. Le durcissement récent de la réglementation concernant l'approche des mammifères marins en Polynésie ne devrait malheureusement rien changer à l'affaire. Les conséquences de tels débordements ont pourtant été documentées à maintes reprises et depuis plusieurs dizaines d'années, notamment en Australie et aux États-Unis. Espérons qu'un écotourisme réel et de qualité puisse voir le jour à Rangiroa, zone pourtant propice à une observation respectueuse et éducative des mammifères marins.

Parallèlement au déroulement de notre travail sur les grands dauphins Thomas, qui nous avait déjà rejoint aux Marquises et aux Tuamotu, accomplit la dernière semaine de tournage nécessaire à la réalisation de son documentaire « Aux Frontières du Sauvage » sur les relations de notre espèce avec le monde naturel. Meilleurs voeux, Thomas !

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


6 juin 2018

CAP SUR RANGIROA : VOYAGE AU CENTRE DE LA MER

Après Tahuata, dernière Marquise à nous éblouir, cap sur Rangiroa où Dominique, Béatrice et Claire doivent nous rejoindre pour la première session 2018 de Céta’Plongée. Avec Thomas Trapier, qui nous suit au quotidien et pour quelques semaines à travers l’oeil de sa caméra, nous prolongeons notre traversée Marquises-Tuamotu par une pause dans l’atoll désert de Tahanea, que nous touchons après quatre jours et demi d’une traversée hors du temps, et stationnons à Fakarava le temps de ravitailler. Pas d'orques ou d'autres globicéphalinés observés lors de ces 600 milles nautiques parcourus mais l'observation de plusieurs groupes de « petits » dauphins et d'une rarissime pastenague violette.

Enfin Rangiroa, où nous attendent les grands dauphins et nos « volontaires » pour le suivi sous-marin qui se tiendra de juin à août. Au programme de ces quatre prochaines sessions : apprendre à distinguer au quotidien le comportement naturel ou affecté d’un dauphin sauvage, identifier les individus, pratiquer des prises de vues sous-marines, s’adapter au rythme de l’observation naturaliste, s’initier à l’analyse comportementale.

Cette année, c’est le Raie Manta Club qui sera à nouveau le partenaire de Céta'Plongée et du GEMM à Rangiroa. Un retour aux sources qui promet de belles plongées avec Yves Lefèvre, Livia Ravel, Franck Rodulfo et Mako.

Une parenthèse bleue pour nos intrépides volontaires et, nous l’espérons, la source d’une vision plus nette de l’univers des dauphins sauvages.

À bientôt !

L'équipe du G.E.M.M.


31 mai 2018

NOUVELLE RÉGLEMENTATION CONCERNANT L'APPROCHE DES MAMMIFÈRES MARINS EN POLYNÉSIE : BONNE OU MAUVAISE NOUVELLE POUR LES CÉTACÉS ?

Il est aujourd’hui interdit, en Polynésie française, d’approcher les baleines et les dauphins dans les lagons, dans certaines baies, dans les passes et dans un rayon d’un mille nautique autour de leur axe. Une mesure qui pourrait effectivement être favorable aux cétacés et à leurs écosystèmes pour peu qu’elle soit réellement appliquée et correctement expliquée aux plaisanciers et autres admirateurs des mammifères marins mais également utilisée comme moyen de moraliser le comportement des opérateurs touristiques.

Car les nouvelles règles ne doivent leurrer personne : ce ne sont pas les plaisanciers mais les activités commerciales qui génèrent aujourd’hui les plus graves sources de pression, d’agressions et de mortalité sur les cétacés sauvages de Polynésie, à savoir :

- Les collisions entre les ferries reliant Tahiti et Moorea et les baleines à bosse en saison.
- Les conflits entre cétacés à dents et pêcheurs.
- Les harcèlements et perturbations comportementales générés par certaines pratiques commerciales (sorties garanties, habituation, touching, etc.).

Et même si l'on considère cette décision dans son strict domaine touristique, comment pourra-t-elle concrètement empêcher les jets-skis et autres embarcations à moteur d’essayer des records de vitesse dans les passes, les plaisanciers de prétexter que ce sont les cétacés qui viennent les chercher, les opérateurs commerciaux de traquer les animaux les plus faciles à approcher et, par le jeu subtil des autorisations / dérogations / interprétations, de faire entériner les pratiques qui les arrangent ?

Des défauts qui auraient certainement pu être réduits si la loi avait été élaborée en concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile, associations et organisations naturalistes, scientifiques et juridiques travaillant parfois depuis plusieurs dizaines d’années sur le sujet, et qui vont devoir tenter de réparer seuls les futurs dégâts occasionnés par cet autisme administratif. Mais par dessus tout, une belle occasion ratée d'accompagner un indispensable débat polynésien concernant les problèmes d’appropriation et d’exploitation de l’océan et de ses habitants au fenua.

À suivre donc...

L'équipe du G.E.M.M.


Tursiops truncatus

 

 

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